Parler de ma situation
Réalisation · Services nautiques

70 bateaux, et l'information qui circulait à la main

Une PME de conciergerie nautique. Elle entretient et répare environ 70 bateaux de 15 à 25 mètres, pour des propriétaires qui ne sont pas sur place. Elle travaille avec ses propres techniciens et avec des partenaires extérieurs, selon les spécialités et les périodes de forte activité.
Ce qu'on nous a montré

Tout tenait dans un fichier de 3 295 lignes.

Ce qu'on nous a montré

Nous avons commencé par une seule question : comment gérez-vous cette activité aujourd'hui, et avec quel outil ?

La réponse a été un fichier de suivi de 3 295 lignes, tenu depuis des années, que tout le monde dans l'entreprise connaissait. Il n'est pas devenu une annexe du projet, il en est devenu la matière.

Ce que nous y avons trouvé

Ce fichier ne disait pas seulement comment le travail circulait. Il disait avec quels mots. Une mission, un constat, une veille, et un budget qui désignait chez eux ce que d'autres appelleraient un devis.

Nous avons mis leurs mots sur les écrans, et trouvé au passage des règles que personne n'aurait pensé à énoncer en réunion, parce qu'elles allaient de soi.

La situation de départ

Tout passait par une seule personne.

Les demandes des propriétaires arrivaient par téléphone, par mail et par messagerie. Le gérant les notait, décidait qui interviendrait et quand, puis appelait le technicien ou le partenaire concerné.

Une urgence suffisait à redistribuer la journée. Le soir, les techniciens remplissaient une feuille papier que le gérant récupérait pour reconstituer ce qui avait été fait, puis pour facturer.

Tout passait par lui : ce que le client avait demandé, ce que le technicien avait trouvé sur le bateau, ce qui restait à faire, ce qui devait être facturé.

Le suivi vivait dans des fichiers Excel, dans des échanges de messages et dans sa mémoire. Le système fonctionnait parce qu'une personne le tenait à bout de bras. C'était aussi sa limite.

Ce qui fonctionnait, ce qui coinçait

Le problème n'était pas leur organisation. C'était tout ce qu'il fallait faire pour la tenir.

Ce qui fonctionnait, et qu'on a gardé

Le fonctionnement était pertinent. Une personne au centre qui reçoit, arbitre et distribue, des techniciens autonomes sur le terrain, des partenaires mobilisés au bon moment, un lien direct avec chaque propriétaire : pour une entreprise de cette taille et de ce métier, c'est une bonne organisation, construite par dix ans de pratique.

Ce qui coinçait

Ce qui coinçait n'était pas Excel. C'était la quantité de travail humain nécessaire pour faire circuler l'information entre le client, le bureau, les techniciens, les partenaires et la facturation. La même information changeait trois ou quatre fois de support avant d'être utilisable : un appel, une note, une feuille papier, un fichier. À chaque passage, du temps, et une occasion de perdre quelque chose.

Ce que nous avons conservé, ce que nous avons challengé

Le processus d'abord. L'outil ensuite.

Des logiciels métier existent pour ce secteur. L'entreprise en avait essayé. Ils couvrent le cas général, mais dès qu'il fallait suivre ce fonctionnement particulier, les adaptations nécessaires devenaient très difficiles à obtenir.

Le choix se résumait alors à deux options : accepter les limites d'un outil du marché, ou faire construire une solution entièrement spécifique, dont l'économie n'était pas tenable pour une entreprise de cette taille.

Nous avons donc conservé le processus tel qu'il était. Ce que nous avons challengé, c'est le moment et l'endroit de la saisie.

Au lieu d'une feuille remplie le soir puis reprise par quelqu'un d'autre, l'information est saisie sur place, par celui qui la produit, au moment où il la produit. Tout le reste en découle.

Ce que nous avons construit

Saisi une fois, là où ça se passe. Utilisable partout ensuite.

Au bureau

Le gérant pilote depuis un même environnement les bateaux, les demandes, les missions, les interventions et les éléments à facturer. Chaque demande devient une mission, chaque mission une ou plusieurs interventions affectées à un technicien ou à un partenaire. Les urgences se réaffectent sans refaire le tour des téléphones.

Sur le terrain

Les techniciens disposent d'une application mobile. Chaque matin, ils savent ce qu'ils ont à faire, sur quel bateau, pour quel client. Ils déclarent leur temps, signalent ce qu'ils ont trouvé, indiquent ce qui est terminé et ce qui demandera une nouvelle intervention. La feuille papier du soir a disparu, et rien de ce qu'ils notent n'est ressaisi ensuite.

Chez les partenaires

Les partenaires extérieurs disposent d'un accès restreint. Ils reçoivent les missions qui les concernent et remontent leur travail de la même façon, sans que le gérant ait à servir d'intermédiaire.

Les propriétairesLe gérantLa facturationLes techniciensLes partenairestéléphone, mailil ressaisitfeuille papier, le soirappels, messages
Avant Tout converge vers une seule personne, et la plupart des informations y passent deux fois.
Les propriétairesLa missionLa facturationLes techniciensLes partenairessaisi sur place, rien n'est ressaisi
Après L'information va de celui qui la produit à celui qui en a besoin. Le gérant pilote toujours, mais il a disparu du chemin.
Ce qui existait, ce qui a été adapté, ce qui a été construit

Le sur mesure ne commence que là où le standard s'arrête.

Ce qui existait déjà

Les fondations d'une solution de gestion ne se réinventent pas. Les comptes et les droits, le cloisonnement des données entre entreprises, les listes et la recherche, les envois de courriel : tout cela existait déjà, éprouvé sur d'autres projets. Nous n'y avons pas retouché, et c'est autant de temps qui est allé là où l'entreprise en avait besoin.

Ce qui a été adapté

Le vocabulaire d'abord : écrans, menus et libellés portent leurs mots. Puis les informations propres au métier, ajoutées à ce qui existait plutôt que substituées, parce qu'un renommage à moitié fait coûte plus cher que pas de renommage. Enfin ce qui ne servait pas ici a été retiré du menu sans être détruit : une autre entreprise en aura besoin.

Ce qui a été construit

L'application du technicien, pensée pour être utilisée debout sur un bateau, une main occupée. L'accès restreint des partenaires extérieurs, qui reçoivent leurs missions et rendent compte sans passer par le gérant. Et la reprise de l'historique, vérifiée ligne à ligne.

Les résultats

Une solution adaptée ne change pas seulement l'outil. Elle change le quotidien.

Temps gagné
≈ 20 h par semaine

Le dirigeant situe ce temps entre vingt et trente heures par semaine. Nous retenons le bas de la fourchette.

Ce qui a changé
  • Moins d'appels pour savoir où en est une intervention ou ce qu'il faut faire ensuite
  • Des techniciens plus autonomes, qui n'attendent plus une instruction pour avancer
  • Une information du terrain disponible le jour même, et non reconstituée le lendemain
  • Une facturation qui s'appuie sur ce qui a été saisi pendant l'intervention, et non sur ce dont chacun se souvient
  • Des partenaires qui reçoivent leurs missions et rendent compte sans passer par le gérant

Mais le temps gagné n'est qu'une partie du résultat. Ce qui change vraiment, c'est que l'information n'a plus besoin de quelqu'un pour circuler.

Comment nous l'avons fiabilisé

On ne lance pas la production en espérant que ce soit bon.

01

L'application n'a pas été ouverte avec des exemples, mais avec leur historique

Une application qu'on montre avec trois bateaux fictifs ne prouve rien ; la même, avec les 3 295 lignes de l'entreprise, se juge en une seconde. La reprise a été vérifiée par une commande qui rejoue le fichier d'origine contre la base et compte les écarts : 3 295 lignes appariées, aucun écart. C'est ce contrôle qui autorise à construire dessus.

02

Cette vérification a trouvé ce qu'une relecture n'aurait pas vu

Le fichier ne portait pas deux états mais quatre, et sans cette découverte, plusieurs centaines d'interventions déjà écartées seraient revenues dans le travail à faire. Un même numéro servait parfois à plusieurs lignes. Rien de tout cela ne se voyait à l'œil.

03

Une valeur absente n'a jamais été remplacée par une valeur plausible

Les interventions dont l'historique ne donne pas le motif n'en ont pas reçu : un champ vide se voit et se corrige, une valeur inventée ne se voit plus jamais.

04

Les défauts ont été trouvés en utilisant l'application, pas en la relisant

Chaque écran a été éprouvé à la main, dans les deux sens : vérifier que ce qui est interdit est refusé, et que ce qui est autorisé fonctionne toujours. C'est la seconde moitié qu'on oublie, et c'est elle qui casse le travail des gens.

Une solution qui ne repart pas de zéro

Née ici. Devenue un point de départ.

C'est cette répartition qui a rendu l'équation tenable. Une solution de ce niveau d'adaptation aurait auparavant représenté un investissement difficilement envisageable pour une PME de cette taille : ce qui le rend possible, c'est de ne construire que la troisième colonne.

Ce projet a lui-même produit du capital. Une entité centrale, des opérations, des missions, des intervenants internes ou externes, des remontées de terrain, du temps passé, des événements, un suivi et de la facturation : ces briques ne sont pas propres au nautisme.

Elles servent de point de départ partout où des équipes interviennent hors des murs, en gestion de chantier, en maintenance ou en service après-vente.

Votre situation ressemble à celle-ci ?

Le fond du problème, lui, se ressemble.

Vous n'êtes peut-être pas dans le nautisme. Mais si vos équipes interviennent sur le terrain et que l'information ne circule qu'au prix d'appels, de messages et de feuilles reprises le soir, le fond du problème est le même. Voir comment nous l'abordons, ou parlez-nous directement de votre situation.

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